En annonçant la publication de la nouvelle série NF C 15-100, le 23 août 2024, l’AFNOR a rangé le photovoltaïque dans la liste des sujets nouveaux, entre la protection incendie des câbles et la révision du calcul des sections. L’électricien qui ouvre ensuite les vingt et un documents de la série pour y trouver le chapitre photovoltaïque cherche longtemps. Il n’existe pas.
La série de 2024 n’a pas de partie photovoltaïque
La section 7, celle des règles particulières, va du 7-701 pour les locaux contenant une baignoire ou une douche au 7-773 pour les installations non surveillées, en passant par les piscines, les chantiers, les établissements agricoles, les ports de plaisance ou les parcs de stationnement. Dix-sept documents, aucun sur les alimentations photovoltaïques.
Le générateur solaire entre dans la série par deux portes, et par deux seulement. La première est la NF C 15-100-8-1, consacrée à l’efficacité énergétique, dont le domaine couvre la conception, la mise en place, l’exploitation et la vérification de toutes les installations basse tension, production locale et stockage d’énergie compris. La seconde tient dans les tableaux de conducteurs, où les références de câbles solaires PV 1000F et H1Z2Z2-K sont entrées.
La série traite donc le photovoltaïque par son aval. Elle décrit l’installation basse tension du logement lorsqu’une source de production s’y greffe, avec ce que cela emporte sur le tableau, les protections et le calcul des sections. Elle ne décrit pas le générateur.
« Le photovoltaïque est passé dans la NF C 15-100 en 2024. » La phrase circule depuis le communiqué de publication, et elle envoie l’installateur ouvrir le mauvais document. La série de 2024 n’a créé aucune partie 7-712. Les règles de conception de la partie continue, du module jusqu’à l’entrée de l’onduleur, sont restées là où elles étaient : dans la série C 15-712, dont le texte le plus utilisé date de 2013.
La partie continue relève toujours de la série C 15-712
Trois documents se partagent le sujet, selon que l’installation est raccordée au réseau public et qu’elle comporte ou non un dispositif de stockage.
| Référence | Configuration couverte | Date | Statut |
|---|---|---|---|
| UTE C 15-712-1 | Raccordée au réseau public, sans stockage | Juillet 2013 | Guide pratique |
| UTE C 15-712-2 | Autonome, avec stockage par batterie | Juillet 2013 | Guide pratique |
| XP C 15-712-3 | Avec stockage, raccordée au réseau public | Mai 2019, en remplacement de la version de février 2016 | Norme expérimentale |
Aucun des trois n’est une norme homologuée. Deux sont des guides pratiques, le troisième une norme expérimentale, un texte soumis à une période d’usage avant transformation éventuelle. Ce statut ne les rend pas facultatifs sur le chantier : ce sont eux qui portent les prescriptions de mise à la terre, de sectionnement, de choix des câbles, de protection contre les surtensions et de signalisation propres au courant continu, et l’expertise après sinistre s’y rapporte.
Le guide UTE C 15-712-1 couvre l’ensemble des composants d’une installation raccordée au réseau, des modules jusqu’au raccordement en alternatif. C’est celui qui reste ouvert sur la maison individuelle en autoconsommation, la configuration la plus courante en résidentiel. Sa date de juillet 2013 est le point sensible du dossier : elle est antérieure à la généralisation des micro-onduleurs, que le CONSUEL distingue aujourd’hui par un formulaire propre, et à celle des batteries domestiques, qui ont depuis reçu leur propre texte.
Le dossier CONSUEL a changé avant que le chantier ne change
Pour beaucoup d’installateurs, la série de 2024 s’est d’abord manifestée par les formulaires. Depuis le 1er septembre 2025, les dossiers techniques de production du CONSUEL existent en versions visant la NF C 15-100 dans son édition d’août 2024. La période transitoire qui accompagnait leur mise en place s’est achevée le 29 juin 2026 : les versions SC 144A-4, SC 144B-4, SC 144C-4, SC 144C2-1 et SC 144D-4 ne sont plus acceptées.
| Formulaire | Installation concernée |
|---|---|
| SC 144C2-2 | Photovoltaïque à micro-onduleurs, sans batterie |
| SC 144A-5 | Photovoltaïque sans micro-onduleur, sans batterie |
| SC 144C-5 | Photovoltaïque avec batterie |
| SC 144D-5 | Production non photovoltaïque |
| SC 144E | Formulaire complémentaire, obligatoire pour les autres cas de raccordement |
Le dossier technique s’attache à l’attestation de conformité, bleue pour une installation de production sans stockage, violette dès qu’un dispositif de stockage est présent. La batterie fait donc basculer trois choses d’un coup : le référentiel de conception, le formulaire à remplir et la couleur de l’attestation.
L’onduleur ne se justifie plus par un certificat DIN VDE
Le changement le plus concret de la période ne vient pas de la série NF C 15-100 mais de la norme européenne de raccordement. Depuis le 1er janvier 2025, la conformité exigée pour un onduleur raccordé au réseau public s’établit selon la NF EN 50549-1 en basse tension, la partie 2 traitant la HTA, sur la base des essais décrits par la NF EN 50549-10. Elle remplace la DIN VDE 0126-1-1, qui servait jusque-là de référence au certificat de découplage.
Un dispositif dérogatoire permettait aux installations d’une puissance inférieure ou égale à 36 kVA de continuer à présenter des certificats non établis selon la NF EN 50549-10. Il a pris fin le 1er janvier 2026. L’exigence vise les installations au-delà de 800 W, ce qui laisse dehors les kits de balcon et englobe à peu près tout ce qui se pose en toiture de maison.
36 kVA, 250 kVA : là où le dossier change de nature
La puissance de raccordement demandée au gestionnaire de réseau commande la procédure, et deux seuils la découpent. Jusqu’à 36 kVA, la demande relève du branchement basse tension et suit le circuit court, celui que connaît l’électricien qui pose en résidentiel. Entre 36 et 250 kVA, l’installation reste en basse tension mais bascule vers une instruction dédiée, avec un niveau de renseignement technique sans rapport avec le formulaire précédent. Au-delà de 250 kVA, le raccordement se fait en HTA.
Ce dernier seuil déplace aussi le contrôle. En dessous de 250 kVA, l’attestation de conformité visée par le CONSUEL conditionne la mise sous tension. Au-dessus, c’est un rapport de contrôle qui s’applique, dans les conditions des articles D342-18 à D342-21 du code de l’énergie. Une toiture de maison individuelle reste loin de cette limite, mais une entreprise qui suit son client sur un bâtiment agricole ou un hangar la franchit sans que rien ne l’annonce, et découvre une procédure qu’elle n’a pas chiffrée dans son devis.
Sur la maison en autoconsommation, l’installateur travaille finalement avec quatre documents : le NF C 15-100-1 pour les exigences générales, le NF C 15-100-10 pour l’habitation, le NF C 15-100-8-1 dès qu’il y a production locale, et le guide UTE C 15-712-1 pour tout ce qui se passe en amont de l’onduleur. Les trois premiers portent le millésime 2024. Le quatrième, juillet 2013.
Sources
- AFNOR, publication de la série NF C 15-100 (23 août 2024) — afnor.org
- AFNOR NormInfo, XP C 15-712-3, installations photovoltaïques avec dispositif de stockage et raccordées à un réseau public de distribution — norminfo.afnor.org
- CONSUEL, dossiers techniques et formulaires SC 144 — consuel.com
- Photovoltaique.info (Hespul), Conformité des onduleurs : passage à la NF EN 50549, 26 février 2025 — photovoltaique.info
- Enedis, procédures de traitement des demandes de raccordement des installations de production en BT et HTA — enedis.fr